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L’automatisme des appareils photographiques, qu’ils soient numériques ou argentiques, est une aide précieuse à condition de disposer des éléments nécessaires pour s’affranchir de ces automatismes, le moment voulu.

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Révolution automatique

L’arrivée des appareils automatiques a été une réelle révolution chez les photographes amateurs.
Les tous premiers appareils étaient des appareils mécaniques assistés par une électronique rudimentaire.
Les premiers appareils automatiques sont à priorité vitesse c’est-à-dire que le photographe choisit le temps de pose et le système électronique met en concordance le diaphragme correspondant.
Cette option est rassurante pour le photographe amateur qui a toujours peur d’un flou de bougé dû à un temps de pose trop long.
Paradoxalement, la priorité diaphragme est beaucoup plus utile pour deux raisons :
- premièrement, il est possible de cette manière de gérer convenablement sa profondeur de champ, le diaphragme étant bloqué à une valeur fixe.
- deuxièmement, surtout avec les zooms grands publics, le nombre de crans de diaphragmes est très limité, alors que les possibilités de temps de pose sont quasiment illimitées.
Dans les années 70, les deux écoles s’affrontent avec autant de véhémence que des pro-Macintosh face à des pro-compatibles PC !
Pour beaucoup, le type d’automatisme déterminait le choix de la marque, bien avant la qualité des objectifs et accessoires qui accompagnaient le boîtier !
Enfin, en 1977, Minolta met tout le monde d’accord en lançant sur le marché l’incroyable, pour l’époque, XG7.
Première merveille électronique dotée sur un même appareil, de la priorité vitesse et priorité diaphragme, au choix.
Une telle révolution, qu’un journaliste d’une grande revue photographique dont je tairai le nom, par pitié, n’hésite pas à écrire : “cet appareil atteint un tel niveau de complexité que plus aucun autre constructeur n’osera se lancer dans une telle réalisation !”
Un journaliste visionnaire !

Depuis les automatismes se sont généralisés, accompagnés de multiples programmes plus ou moins utiles.
Les problèmes d’exposition, cauchemar des photographes amateur, principalement les utilisateurs de pellicules inversibles, (diapositives), sont aujourd’hui bien gérés par tous les réflex modernes.

Automatisme et flash

Même la photographie au flash ne pose plus de problème, à condition de bannir définitivement le flash intégré, à n’utiliser qu’en dépannage, pour une photo souvenir sans prétention.
Pour une photographie de qualité, l’usage d’un flash externe de type "Cobra" ou mieux encore, une torche restent indispensables.
Avec la puissance des traitements d’image, un peu de temps et de savoir-faire, il est possible de tirer des portraits étonnants, même en photo au flash, avec un compact !
Nous y reviendrons plus tard dans un autre article.

Avantages de l’automatisme

- Rapidité des réglages ;
- Exposition maîtrisée dans 98% des cas ;
- Technique photographique à la portée de tous sans un long apprentissage.

Inconvénients de l’automatisme

Très peu aujourd’hui.
Quelques situations très particulières, comme photographier un sujet blanc sur un fond blanc ou le contraire, photographier un sujet noir sur un fond noir, présentent encore quelquefois quelques difficultés avec certains modèles d’appareil.

Automatisme débrayable

Pour être utilisable en toutes circonstances, un appareil automatique doit être totalement débrayable, c’est à dire redevenir un "appareil photo manuel" à tout moment, sur toutes les fonctions.
Un bon appareil doit permettre de choisir n’importe que diaphragme, n’importe quel temps de pose, quelque soit l’ambiance lumineuse et quelque soit la sensibilité ISO affichée.
Bien entendu, la mise au point automatique, autofocus, doit aussi être débrayable.

Les progrès de l’électronique et de l’informatique sont tels que des appareils compacts à 150€ permettent de réaliser des photographies d’une qualité impensable il y a dix ans.

Dans le jargon photographique, parler automatisme suppose que l’on se réfère à l’exposition.
L’automatisme de la mise au point est une autre révolution, même si cela semble banal aujourd’hui, dont je parlerai dans un autre article.

Premiers automatiques

Les premiers appareils “tout automatique” ont discrédité le système par l’impossibilité de personnaliser les résultats.
Contemporains du système DX, les premiers appareils électroniques ne permettent aucune intervention sur aucun paramètre !
La pellicule chargée, l’appareil se retrouve étalonné par rapport à la sensibilité ISO et tous les réglages en découlent.
Le photographe n’a plus qu’à faire la MAP (mise au point) et déclencher.
Cette situation répond à la demande de la très grande majorité des acheteurs qui souhaitent frimer avec un appareil photographique impressionnant, avec des tirages poster aux couleurs flatteuses sans prise de tête !
N’oublions pas qu’à cette époque, se pavaner avec un Hasselblad et des Ray-Bans permettait pour un budget bien moindre de frimer autant qu’avec une Porsche !
D’où le succès mondial du Canon AE1-Program.
Disparu le testeur de profondeur de champ ( personne n’en connaissant le fonctionnement !) et autres complications (perfectionnements pour les puristes !) bien inutiles aux yeux des gens de marketing.
Le but étant de vendre du rêve, du matériel et des kilomètres de pellicule ! Et ça marchait oh ! Combien !
Celles et ceux qui n’ont pas connu cette époque ne peuvent imaginer l’aura du photographe amateur doté d’un reflex emmanché d’un long, immense téléobjectif, auprès de ses contemporains !

Débauche d’automatismes

Aujourd’hui, tout le monde étant suréquipé, la concurrence faisant rage, les possibilités de réglage sont devenues pléthoriques !
A tel point que sans une utilisation quotidienne de son équipement photographique, et une lecture périodique et laborieuse du mode d’emploi, impossible de se rappeler où se trouve le réglage nécessaire à la situation présente !
Le temps de tapoter dans les menus et le Goéland cendré s’est envolé !
Alors comme au temps du Canon AE1-Program, la majorité des utilisateurs de reflex numériques allume son appareil photo sur "Programme" ou "Bouton vert" !

Amateurs avertis et automatismes

Pour les amateurs avertis, ces nouveaux reflex sont de véritables merveilles techniques.
Personnellement, hormis en studio, je n’utilise jamais plus mon appareil en manuel.
Par contre, j’utilise quotidiennement le "correcteur d’exposition" et d’autres techniques plus rapides encore et par-là même, plus efficaces.
Le correcteur d’exposition n’est pas un perfectionnement nouveau, loin de là !
Il est présent sur tous les appareils évolués, semi-auto et automatiques de toutes les marques sérieuses.
Son fonctionnement est d’une grande simplicité.
Le correcteur d’exposition permet d’afficher + ou – en valeur d’IL (Indice de Lumination) par cran d’une ½ valeur ou par 1/3 de valeur jusqu’à +/-2, voire +/-3 sur quelques modèles.
Par exemple en affichant + 1/3, toutes les photos seront surexposées d’un tiers de valeur.
En priorité diaph, le décalage se fera sur le temps de pose.
En priorité vitesse, sur l’ouverture.
Voilà un moyen simple de faire face à toutes les situations en conservant le confort d’un appareil photo automatique.

Mode programme

Les programmes simples sont un double automatisme gérant simultanément temps de pose et ouverture, obturateur et diaphragme.
Aucune maîtrise ni du mouvement, ni de la profondeur de champ.
En imaginant qu’au départ il fait nuit noire.
Au levé du jour pour les courageux, la lumière croit progressivement.
Un automatisme programme, fait d’abord évoluer, le temps de pose jusqu’à ce que des temps de pose de « sécurité » soit atteints, 1/30, 1/60, souvent 1/125, selon les modèles.
Ensuite, l’intensité lumineuse augmentant, les deux paramètres, temps de pose et ouverture(vitesse et diaphragme) évoluent parallèlement.
Enfin, l’obturateur arrivant à son temps de pose le plus court, sa vitesse maxi, seul le diaphragme, continue à se fermer.

Mode programme dédié

Appelés aussi programmes résultat, le principe est le même que le programme simple.

Programme sport

Le temps de pose est privilégié par rapport à la profondeur de champ.
En fonction de l’intensité lumineuse, le temps de pose évoluera seul jusqu’à 1/250 voire 1/500 puis, les deux paramètres évoluent de conserve.

Programme paysage

Même principe que pour le programme sport, mais à l’inverse. Dès que la vitesse de sécurité (1/30) est atteinte, le diaphragme se ferme en priorité pour augmenter au maximum la profondeur de champ.

Programme macrophotographie

La macrophotographie nécessite un temps de pose assez court pour supprimer le flou de bougé dû au grossissement et une profondeur de champ la plus étendue possible.
Résultat proche du programme sport avec un basculement plus tôt (1/125 à 1/250)

Programme génial

Dénommé TAV chez Pentax.
Vous affichez le temps de pose voulu, l’ouverture ou diaphragme voulue et l’appareil fait varier la sensibilité ISO, pour trouver la bonne exposition !
Les esprits chagrins objectent que l’augmentation de la sensibilité ISO fait monter le bruit, c’est vrai.
En restant dans des valeurs raisonnables, avec un bon capteur, les résultats sont parfaits avec une maîtrise totale de la profondeur de champ et de la gestion du mouvement.
De plus la gestion du bruit fait des progrès spectaculaires.
Nul doute que dans quelques temps très proches ce procédé sera le programme de choix.

Programme scène

Ensuite à partir de ces programmes de base, chaque fabricant dose ces deux paramètres selon ses propres critères pour multiplier les programmes à l’infini pour des raisons évidentes de marketing !
C’est bien connu, les amateurs demandent plein de millions de pixels et plein de programme … autant leur faire plaisir, ça aide à vendre n’est-ce pas ?

Le traitement numérique permet de jouer simultanément sur d’autres paramètres, température de couleur, saturation, contraste, netteté etc. …
Il est ainsi possible d’offrir de nouveau programmes impensables en photographie argentique.
Il existe donc des programmes portrait, programme grain de peau, programme autoportrait.
Programme portrait nocturne où le flash éclaire le premier plan, un temps de pose long et une grande ouverture permettent d’engranger la lumière ambiante, plus un traitement numérique pour adoucir la scène et rendre la prise de vue compatible avec un portrait.
Programme paysage nocturne, programme nourriture, programme fête, programme lumière bougie, programme bébé.
Programme animal domestique dans lequel vous indiquez s’il s’agit d’un chat ou d’un chien, la pupille de l’œil ne réfléchissant pas la lumière de la même manière !
Programme crépuscule, programme haute sensibilité, programme rafale rapide, programme ciel étoilé, programme feu d’artifice, programme plage, programme neige, programme photo aérienne, programme photo sous-marine.

Tous ces programmes ont leur utilité car ils correspondent chacun à une technique de prise de vue qui demande un savoir-faire particulier pour y exceller.
Le numérique, comme partout où s’est imposée l’informatique, fait disparaître un savoir-faire que seul quelques professionnels ou passionnés détenaient.
Est-ce un bien ou un mal ?
C’est certainement une catastrophe pour ces photographes férus de technique, sans aucune créativité, masquant cette pauvre imagination par des effets techniques. Assommant de termes techniques, durant des heures, le malheureux imprudent, qui naïvement avait montré quelque intérêt pour la photographie.
Eux seuls, du moins en sont-ils convaincus, peuvent réaliser ces superbes photographies, parfois saisissantes de qualité technique, tous comptes faits, bien banales.
Les expositions de photo clubs et concours en sont largement inondés.

Grâce à ce matériel de haute technologie, nombre d’amateurs sans aucune culture technique, sont capables de produire des images d’excellente facture avec beaucoup de goût, de créativité et de spontanéité.
Une simple initiation de quelques heures, suffit à leur apporter la maîtrise indispensable, là où un cours de plusieurs mois était nécessaire.

4AEP et l’automatisme

Depuis vingt ans 4aep organise de telles journées d’initiations.
Vous apprendrez à tirer parti de votre appareil automatique, en toute simplicité et en toutes circonstances.
Des petits groupes, dans une ambiance très sympathique se perfectionnent et découvrent des quartiers typiques de Paris.
C’est toujours un plaisir de voir repartir des photographes, nouvellement armés, plus motivés par les nouveaux résultat qu’ils sont capables d’obtenir, sans avoir à changer de matériel.


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