L’image photographique
Tout notre environnement est construit en trois dimensions.
Notre vision binoculaire nous permet d’appréhender cette troisième dimension.
Au contraire, l’image photographique est imprimée sur un papier blanc, en deux dimensions, hauteur et largeur, la profondeur n’existe plus.
Le photographe doit recréer l’illusion de la troisième dimension.
Le photographe dispose pour cela d’un certain nombre d’outils qu’il doit savoir maîtriser.
L’œil ne voit net que sur une très petite surface.
Nous balayons du regard, en permanence notre environnement.
Inconsciemment, nous faisons la netteté sur le sujet qui nous intéresse le plus.
Parallèlement, la pupille de l’œil s’ouvre ou se ferme en fonction de la luminosité ambiante pour obtenir une bonne luminosité de la zone que nous observons avec attention, qu’elle soit située dans une zone claire ou sombre.
Il est indispensable que l’observateur de la photo finale comprenne ce que le photographe a trouvé intéressant dans la photo produite.
Cet observateur va découvrir une photographie plate. Il a le choix de l’endroit où il va porter le regard.
Il faut faire en sorte que
soit toutes les zones de l’image sont acceptables et peuvent être observées,
soit une composition recherchée, un jeu subtil d’ombres et lumières, de flou et de net, des perspectives adaptées, vont conduire le regard de l’observateur sur un endroit précis de la photographie.
Le cadrage
Le cadrage est le premier moyen dont dispose le photographe pour éliminer les détails inutiles qui risquent de distraire l’attention de l’observateur.
La composition
À l’intérieur de ce cadrage qui est une découpe d’une partie du paysage qui nous entoure, le photographe doit organiser les éléments qui vont composer l’image finale.
C’est ce que l’on dénomme la composition.
La lumière
La lumière est un élément indispensable de la composition.
Selon l’heure de la prise de vue, la saison, le soleil se retrouvera plus ou moins haut, en conséquence les ombres seront plus ou moins longues.
Ces ombres vont jouer un rôle essentiel dans l’impression de relief.
Dans de nombreux cas, les ombres deviennent des éléments importants du sujet.
L’instant décisif
L’instant décisif, expression vantée par Henri Cartier-Bresson , ne s’applique pas uniquement à des sujets en mouvement ou à des personnages.
Je pense qu’on peut parler d’un instant décisif pour toute image, même un paysage.
D’un instant à l’autre, une éclaircie, le passage d’un nuage, peuvent rendre un panorama de manière totalement différente.
Le photographe doit être patient, apte à s’imprégner de l’ambiance du lieu où il doit opérer et laisser s’exprimer son intuition dans la plus large mesure.
Intuition du photographe
Le photographe ne pourra laisser fonctionner son intuition que s’il est totalement débarrassé des contraintes techniques.
Cela ne veut pas dire, comme peuvent l’écrire quelques photographies pédants : « la technique ne m’intéresse pas » ou bien encore : « je ne me préoccupe jamais de la technique », qu’il ne faut pas se préoccuper de technique.
Bien au contraire, cela veut dire que le photographe a une telle maîtrise de la technique que machinalement, il opte pour les bons réglages.
Comme un pianiste de haut niveau, un soir de concert, s’investit totalement dans sa prestation, sans se préoccuper de technique. Il est trop tard pour s’en préoccuper !
Il n’en a plus besoin, il a fait le travail nécessaire pendant les six à huit heures d’exercice quotidien qu’il s’impose depuis des années.
Si vous voulez pouvoir être un photographe efficient, il est indispensable de faire vos gammes.
Ce travail est nécessaire autant pour le photographe de reportages que pour le photographe de studio, qu’il se spécialise dans la photo de mode, la photo de natures mortes, la publicité ou le portrait.
Si ce travail d’entraînement quotidien paraît évident pour un reporter et un portraitiste qui doivent saisir des mouvements des attitudes, des expressions fugaces, il paraît moins indispensable pour un photographe de publicité, de mode ou de nature morte.
Pourtant c’est ce travail quotidien qui donnera ce petit quelque chose en plus, d’indéfinissable, l’expérience qui permet de placer immédiatement l’éclairage au bon endroit, de régler la puissance des générateurs à la bonne valeur, choisir la bonne focale et avoir ainsi l’esprit plus libre pour affiner le travail de composition.
Ce travail quotidien imprégne le subconscient du photographe à tel point que la vue de la scène à photographier permet immédiatement au photographe de visualiser le rendu final de l’image qui sera produite.
Seul un travail régulier de prise de vue et d’observation des images réalisées et tirées, mène à ce savoir faire.
