Sans un contrôle rigoureux de la température des bains ne comptez jamais obtenir de bons résultats pour vos tirages photographiques.
C’est la première cause d’échec !
Température idéale
En dessous de 18 degrés, les produits chimiques n’agissent pas.
C’est vraiment la raison principale des échecs en tirages noir et blanc.
Il est plus facile de maintenir les produits chimiques à une température relativement élevée plutôt que de les refroidir.
Pour simplifier votre travail, et éviter d’avoir à refaire vos essais selon la saison, évaluez la température que votre local atteindra l’été.
En dehors des périodes de fortes températures, de canicule, sauf si vous habitez sous les toits sans bonne isolation, 24 degrés est une température assez courante.
C’est la température que je vous conseille d’adopter pour votre chaîne de traitement noir et blanc.
Même au niveau d’un amateur, j’insiste pour parler de chaîne de traitement.
Il est effectivement essentiel que les différents produits et l’eau de rinçage soient maintenus à la même température.
Local
L’idéal est de pouvoir chauffer votre local à 24 degrés pendant votre séance de travail.
À cette température, vous n’aurez pratiquement pas besoin de bain-marie.
C’est une température agréable pour travailler tranquillement.
Si cette température est trop chaude pour vous, avec le même raisonnement, calez-vous à 22 degrés ou même 20 degrés.
Par contre pensez que vous aurez du mal à conserver vos produits à vingt degrés pendant les périodes chaudes de l’année.
Si possible, ne descendez jamais en dessous de vingt degrés.
Vous auriez trop des difficultés à maintenir des bains à température correcte.
Contrôle de la température
Un thermomètre réservé au révélateur, un au fixateur et un thermomètre qui restera en permanence dans la glaciaire, feront l’affaire.
Un seul thermomètre peut passer d’un bain à l’autre, mais comme je suis plutôt d’un naturel paresseux, j’évite les mouvements inutiles... et les risques de pollution !
Une seule goutte de fixateur suffit à rendre le révélateur inutilisable !!!
Pour quelques euro, vous éviterez effectivement des manipulations hasardeuses qui vous distrairont de votre travail.
Rappelez-vous que le bain le plus délicat, en couleur, comme en noir et blanc reste le révélateur.
C’est pourquoi naturellement, c’est le révélateur que vous surveillerez.
Conséquences
Un révélateur trop froid ne vous permettra jamais d’obtenir des noirs intenses.
Une eau trop froide ne lave pas correctement les négatifs ou les tirages sur papier, notamment, le fixateur ne sera pas correctement éliminé, vos blancs ne seront pas purs et jauniront dans le temps.
Bain-marie
Inutile d’acheter des systèmes coûteux et compliqués.
Munissez-vous d’une grande glaciaire de pique-nique ou de camping.
Les modèles les plus simples, que vous trouverez en grandes surfaces, suffiront amplement car le but n’est pas de conserver les aliments mais juste de disposer d’un bac isolant permettant de maintenir un grand volume d’eau à température constante.
Utilisez des bidons de 1 litre pour vos différents produits : révélateur, bains d’arrêt, fixateur.
Ne lésinez pas, achetez de vrais bidons prévus pour la chimie photographique.
Pour les tirages photo, il suffit de s’équiper de cuvettes d’un format supérieur au format des cuvettes utilisées pour les tirages.
Ces cuvettes remplies d’eau chaude (25 degrés), posées sur une plaque de polystyrène expansé de 1 à 2 centimètres d’épaisseur (matériaux d’isolation que vous trouverez facilement dans un magasin de bricolage) maintiendront à température les cuvettes de produits que vous laisserez flotter dedans.
Il suffira de rajouter un peu d’eau chaude de temps en temps pour maintenir les 24 degrés requis.
Pourquoi 25 degrés et pas 24 ?
Il faut compenser le refroidissement du à l’évaporation.
Utilisation pratique
Le local à température depuis plus d’une heure, vos produits sont à la même température.
Pour le développement d’un film en cuve à spirale, laissez vos bidons de produits flotter pendant un quart d’heure dans l’eau de votre glaciaire.
Pendant cinq minutes, juste avant le début du traitement, tenez votre cuve photo dans l’eau de la glaciaire.
Si vous ne prenez pas cette précaution, le révélateur risque de se refroidir en pénétrant dans la cuve, il ne sera plus à la température voulue pour le temps de traitement choisi.
Et vous risquez de vous retrouvez avec un sous-développement.
Échec classique !
Certains me trouveront trop méticuleux pour du noir et blanc !
Ce ne sont que de bonnes habitudes à acquérir.
Une fois le pli pris, vous n’y penserez plus et vous serez prêts à aborder le laboratoire couleur dans d’excellentes conditions.
Car, contrairement aux rumeurs, le développement couleur et le tirage couleur ne sont pas plus compliqués que le développement et tirage noir et blanc... bien fait !
Dans un prochain article, je vous expliquerai comment mener à bien vos développements de films.
